Quelques pratiques concrètes pour susciter la créativité
Trouver un slogan percutant pour une campagne, imaginer des actions mobilisatrices, développer un concept qui rallie : ces défis de communication demandent de la créativité. Mais celle-ci ne surgit pas sur commande. Elle se cultive, se structure et, parfois, se débloque.
La créativité permet de trouver des solutions nouvelles adaptées à des contextes particuliers. Pour les organismes à but non lucratif, où les ressources sont comptées et les enjeux complexes, elle devient une compétence stratégique. Voici des pratiques concrètes pour la cultiver.
Reconnaître les blocages pour mieux les contourner
Les blocages émotionnels — comme la peur de l’échec, du jugement et le perfectionnisme — freinent la créativité, mais il est toujours possible de créer des conditions favorables pour les contourner.
Même si cela paraît contre-intuitif, se donner des contraintes peut aider à libérer la créativité. Par exemple, une limite de temps jumelée à un objectif de productivité peut forcer les individus à proposer le plus d’idées possibles sans censure. L’activité devient ludique, le manque de temps empêche les jugements de prendre place et les idées émergent plus spontanément. Ce n’est que par la suite que du temps devra être alloué au tri et au perfectionnement des idées.
Alterner création individuelle et collective
Le consensus précoce est l’ennemi de la créativité. Quand tout le monde se rallie rapidement à une première proposition, on s’empêche d’explorer des solutions originales.
Alterner entre des moments de réflexion individuelle et des échanges collectifs est une bonne façon d’instaurer une dynamique créative. Prévoir un temps de travail solo avant le partage des idées en groupe permet également à chacun·e d’explorer ses propres pistes sans être influencé·e par les idées des autres. En faisant cela, on s’assure de l’émergence d’une diversité d’idées qui ne seront pas nécessairement influencées par les premières idées lancées ou par les voix les plus dominantes du groupe.
Adopter un état d’esprit créatif
La créativité repose d’abord sur un état d’esprit. Cela implique d’observer les choses avec une forme de naïveté, de poser des questions simples : pourquoi fait-on ça comme ça? Et si on essayait autrement? Cela demande aussi d’accueillir toutes les idées, même celles qui semblent farfelues, car chacune ouvre une porte vers des avenues inexplorées.
Cet état d’esprit suppose également de prendre du recul et de questionner ses intuitions. Pourquoi cette idée ne fonctionnerait pas? Qu’est-ce qui la rend intéressante? Comment pourrait-elle être adaptée? Simplifiée? Accentuée? Inversée? En questionnant les idées qui nous interpellent le plus et celles que nous mettons de côté, les critères de sélection se clarifient. Car après tout, pourquoi en choisir une plutôt qu’une autre?
Savoir quand persévérer et quand décrocher
La créativité demande autant de persévérance que de lâcher-prise. Quand la solution semble à portée de main, il faut se concentrer et creuser. Mais quand l’inspiration ne vient pas malgré les efforts, c’est le moment de décrocher. Le cerveau a besoin d’espace pour faire émerger des idées. N’avons-nous pas tous déjà vécu un eurêka sous la douche, le week-end ou en pleine nuit?
Revenir plus tard au problème permet un regard neuf. On voit alors des angles qu’on ne percevait pas. C’est particulièrement vrai en situation de surcharge cognitive. Prendre du recul n’est pas une perte de temps : c’est créer les conditions pour que la créativité puisse opérer.
Structurer le processus créatif en quatre étapes
Toute démarche créative gagne à suivre un processus structuré. Cela peut sembler contradictoire, mais la structure n’emprisonne pas la créativité : elle lui donne un terrain de jeu délimité où elle peut s’exprimer pleinement sans se perdre.
1. Préparation : définir le problème et rassembler l’information
Cette première étape consiste à bien cerner ce qu’on doit créer et dans quel contexte. Ici, on souhaite rassembler toutes les informations pertinentes : qui cherche-t-on à rejoindre? Quels sont leurs enjeux, leurs motivations, leur relation au sujet? Quels éléments contextuels influencent la situation?
Si on cherche un concept de campagne, c’est le moment de comprendre les publics cibles, leurs habitudes et leurs sensibilités. Cette étape évite de creuser dans le vide et oriente la réflexion vers des solutions ancrées dans la réalité.
2. Incubation : générer des idées sans censure
Avec l’objectif bien défini et l’information en main, on passe à la génération d’idées. Cette étape se fait individuellement et collectivement, en appliquant les pratiques mentionnées plus haut.
À cette étape, le souhait est de produire un maximum d’idées sans filtre. Plusieurs têtes valent mieux qu’une, à condition de structurer les échanges pour que de nouvelles idées émergent sans converger prématurément vers la première option proposée.
3. Illumination : laisser maturer
Après avoir exploré intensément différentes options, laissons de l’espace à la créativité et lâchons prise. Pendant que les idées continuent de vivre et de se transformer dans notre tête, ce moment de retrait permet de prendre un certain recul pour y voir plus clair.
Cette étape n’est pas passive : elle fait partie intégrante du processus créatif. Elle permet au cerveau de travailler en arrière-plan et de faire des connexions autrement impossibles sous pression.
4. Vérification : trier, perfectionner et valider
Ce recul permet de revenir avec un regard neuf pour évaluer les idées générées. C’est le moment de trier, de perfectionner les pistes les plus prometteuses, de les tester auprès de publics ou de collègues, puis de valider celle retenue.
Il n’existe pas d’idée parfaite, mais ce processus mène vers la meilleure proposition possible dans un contexte donné. Cette étape ferme la boucle en transformant le foisonnement créatif en solution concrète et applicable.
Faire de la créativité un levier stratégique
Ces pratiques créent les conditions favorables à l’émergence d’idées nouvelles et pertinentes. Dans le milieu communautaire, où chaque décision compte et où les ressources doivent être utilisées judicieusement, structurer la créativité devient un levier stratégique.
Chez bête féroce, nous accompagnons les organismes en appliquant ces principes dans nos démarches créatives. Nous animons des processus qui créent les espaces nécessaires pour que les meilleures idées émergent, en posant les bonnes questions et en structurant les échanges. Parce que la créativité ne relève pas du talent inné : elle se pratique et se cultive, ensemble.
Vous avez un projet créatif qui demande du soutien? Contactez-nous! 🐆
